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Myanmar. Les attaques militaires inhumaines dans les zones touchées par le séisme entravent les opérations de secours

L’armée du Myanmar doit s’abstenir de procéder à des frappes aériennes délibérées et à d’autres formes d’attaques contre des cibles civiles dans les zones touchées par le séisme de magnitude 7,7 qui s’est produit la semaine dernière, a déclaré le 1er avril Amnesty International, qui a en outre demandé que l’aide parvienne plus rapidement aux personnes qui se trouvent à l’épicentre de la catastrophe.

Les témoignages recueillis par Amnesty International dans les jours qui ont suivi le tremblement de terre corroborent les informations selon lesquelles l’armée a poursuivi sa campagne de frappes aériennes meurtrières, qui rendent plus difficiles encore les efforts de relèvement et intensifient la peur et l’angoisse des victimes.

« L’armée du Myanmar, ainsi que tous les autres intervenants impliqués dans les opérations de secours, doivent veiller à ce que les principes en matière de droits humains soient pleinement respectés et à ce que les besoins humanitaires des victimes représentent la priorité absolue, a déclaré Joe Freeman, chercheur sur le Myanmar à Amnesty International.

« On ne peut pas d’un côté demander de l’aide et de l’autre bombarder. Il est totalement inhumain de procéder à des frappes aériennes et d’attaquer la population civile là où le séisme a eu lieu, et ces attaques témoignent d’un mépris flagrant pour les droits humains.

Selon des médias du Myanmar contrôlés par l’armée, le tremblement de terre a fait au moins 2 065 morts et plus de 3 900 blessés. La hausse rapide des chiffres jour après jour et les difficultés de communication font craindre un bilan beaucoup plus lourd.

L’épicentre du séisme se trouve à Sagaing, dans le centre du Myanmar. Des dégâts importants ont également été signalés à Mandalay, la deuxième ville du Myanmar, ainsi que dans la capitale, Naypyitaw, et dans certains secteurs de l’État chan et de la région de Bago.

Les frappes aériennes, qui sont devenues quotidiennes au Myanmar depuis le coup d’État de 2021, ont touché des zones proches de l’endroit où se concentrent les efforts de relèvement après le tremblement de terre, ainsi que d’autres zones de conflit telles que les États kayin et kayah.

Le bruit « ressemble à celui d’une tronçonneuse »

Depuis le coup d’État, les militaires se livrent à des combats féroces avec les groupes de résistance armés à Sagaing et dans le centre du Myanmar de manière générale, procédant à des frappes aériennes illégales, à des exécutions extrajudiciaires et à la destruction massive par le feu d’habitations. Dans certains cas, des groupes qui combattent contre l’armée ont également été accusés d’atteintes aux droits humains.

Amnesty International s’est entretenue avec une infirmière myanmar dans le village de Nwe Khwe, situé dans le district de Chaung-U de la région de Sagaing, et avec un secouriste local dans ce même district.

Le secouriste a expliqué qu’après le séisme il s’était mis à l’abri des attaques, dont plusieurs ont eu lieu le mardi matin (1er avril) et une le jour même du tremblement de terre. Ces attaques ont été menées au moyen de parapentes motorisés (on les appelle sur place des « attaques de paramoteurs ») : il s’agit d’une nouvelle tactique utilisée par l’armée du Myanmar dans le centre du pays qui nécessite moins de ressources telles que le kérosène.

« J’étais dans un abri souterrain. [Pendant les attaques] j’ai entendu un bruit du moteur passant au-dessus de mon village. Le bruit de l’attaque d’un paramoteur ressemble à celui d’une tronçonneuse, a déclaré le secouriste. « C’est devenu notre quotidien, de survivre aux frappes aériennes. Je ne comprends pas pourquoi cela ne s’est toujours pas arrêté. »

L’infirmière, qui est affiliée au Mouvement de désobéissance civile qui s’oppose à l’armée par des manifestations et des boycotts, a également déclaré qu’une attaque de paramoteurs avait eu lieu dans la soirée qui a suivi le tremblement de terre, et une autre encore le 31 mars. Cette fois-là, les attaques de paramoteurs n’ont pas fait de victimes, en grande partie grâce aux systèmes d’alerte précoce mis en place. 

« Je ne vais pas bien mentalement, tout le monde dans le village a peur à cause des attaques et du tremblement de terre », a-t-elle déclaré.

Le Gouvernement d’unité nationale, dans l’opposition, qui supervise les Forces de défense du peuple, des forces armées créées à la suite du coup d’État de 2021 pour lutter contre l’armée, a annoncé une suspension des hostilités pour deux semaines à compter du 30 mars. Le 1er avril, une faction armée distincte mais alignée, l’Alliance des trois fraternités, a annoncé une pause humanitaire d’un mois, sauf en cas d’actions défensives.

« La situation était la même que pendant le COVID-19 »

Contrairement à ce qui s’est passé lors de précédentes catastrophes naturelles au vu des informations réunies par Amnesty International, l’armée du Myanmar a lancé un rare appel à l’aide internationale, et Amnesty a reçu des informations indiquant que cette aide parvient à certaines zones sinistrées. Mais le bilan est mitigé, la situation étant compliquée en raison des coupures d’Internet, et selon certaines informations, des livraisons sont bloquées ou retardées.

À Sagaing, la capitale de la région de Sagaing, Amnesty s’est entretenue avec trois personnes qui habitent dans cette ville. L’organisation a également examiné un rapport sur les mesures de relèvement rédigé par un groupe de coordination issu de la société civile du Myanmar, qui indique que dans la ville de Sagaing, les besoins en sacs mortuaires et en chaux vive, en torches, en fournitures médicales et en spirales anti-moustiques augmentent.

Le rapport indique par ailleurs que l’armée, qui contrôle en grande partie la ville, soumettait à une « surveillance stricte » les véhicules légers se rendant à Sagaing depuis Mandalay. Les soldats inspectent les livraisons, et les contrôles peuvent être plus longs si elles proviennent d’autres zones de Sagaing qui ont davantage de liens avec des groupes de résistance.

Des personnes sur place ont déclaré que la majeure partie de la ville a subi des dégâts et que les gens n’avaient pas accès régulièrement à l’eau potable, à la nourriture, à un abri, aux médicaments, à un traitement médical adéquat ou à l’électricité, certains utilisant de petits panneaux solaires. Elles ont indiqué que les gens dormaient dans la rue, utilisant des nattes, des bâches et des moustiquaires.

« La Croix-Rouge du Myanmar est ici, et la société civile locale basée à Sagaing est active et fonctionne. Mais je ne vois pas de groupes internationaux arriver dans la ville », a déclaré un habitant le 31 mars. « Ils ne peuvent pas acheter de nourriture ni d’eau potable parce que personne n’en fournit dans la ville. »

Un autre habitant de la ville qui aidait à livrer l’aide localement a déclaré que les gens avaient besoin de rations sèches telles que des conserves de nourriture et des paquets de nouilles, et que les groupes locaux utilisaient leur propre équipement pour effectuer des opérations de recherche et de sauvetage.

Des agences internationales auraient été autorisées à acheminer de l’aide à Sagaing, mais aucune des personnes interrogées par Amnesty ne les avait vues dans la ville au 31 mars.

Une femme enceinte a décrit des scènes d’horreur dans l’hôpital local après le séisme.

« À l’hôpital [l’hôpital général de Sagaing], la situation était la même que pendant le COVID-19 : il y avait des tonnes de cadavres à l’hôpital, et on ignorait qui ils étaient et à qui ils appartenaient. L’hôpital n’a fait que les mettre au crématorium. »

La femme a expliqué qu’on lui avait dit qu’elle avait besoin d’une césarienne, mais que l’intervention devait être pratiquée à Mandalay, où elle ne pouvait pas se rendre. Le 31 mars, elle était installée dehors, dans la zone en plein air dans l’enceinte de l’hôpital.

« C’est dans les situations de crise et d’urgence que les droits humains sont le plus menacés. L’armée du Myanmar et les autres parties au conflit doivent répondre aux besoins immédiats et essentiels de toutes les populations touchées et veiller à ce que les opérations de sauvetage et de secours soient menées sans discrimination, a déclaré Joe Freeman.

« L’aide internationale – telle que l’eau potable, la nourriture et les fournitures médicales – et l’aide financière doivent parvenir de façon prioritaire aux groupes les plus vulnérables et marginalisés de la population. »

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