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URGENCE PROCHE ORIENT

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Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou se serrent la main lors d'une conférence de presse après leur rencontre à Jérusalem le 19 février 2019
Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou se serrent la main lors d'une conférence de presse après leur rencontre à Jérusalem le 19 février 2019 © Ariel Schalit / POOL / AFP

Benjamin Netanyahou en Hongrie: le Premier ministre israélien doit être remis à la CPI

Benjamin Netanyahou est en visite officielle en Hongrie, en dépit d’un mandat d'arrêt international pour des soupçons de crimes de guerre et crimes contre l'humanité à Gaza. La Hongrie est tenue de l’arrêter pour le remettre à la Cour pénale internationale mais s’y refuse.  

C’est sur invitation officielle de Viktor Orbán que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, se rend en Hongrie, pour une durée de quatre jours. Au programme : une rencontre avec son homologue hongrois ainsi que d'autres hauts responsables, avant son retour en Israël prévu le 6 avril. C’est le deuxième déplacement du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou depuis l’émission du mandat d’arrêt international à son encontre. En février, il s'était rendu aux États-Unis pour rencontrer le président américain nouvellement élu Donald Trump.  

Benjamin Netanyahou, sous le coup d’un mandat d’arrêt international  

La visite de Benjamin Netanyahou en Hongrie se déroule alors même qu’un mandat d’arrêt international a été émis à son encontre par la Cour pénale internationale (CPI), en novembre 2024. Un autre dirigeant israélien est également visé : l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant. Ils sont accusés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité présumés dans le cadre de l’offensive menée à Gaza. Le premier ministre israélien est accusé d’avoir utilisé la faim comme méthode de guerre, attaqué intentionnellement des civil·e·s et commis des crimes tels que des meurtres, des persécutions et d’autres actes inhumains.  

Lire aussi : Mandats d’arrêt de la CPI contre Benjamin Netanyahou, son ex-ministre de la défense et un chef du Hamas 

Lire aussi : La population palestinienne de Gaza victime d’un génocide 

Quelles sont les obligations des États vis à vis de la CPI ?  

La CPI a été créée afin que les victimes de génocide et de crimes de guerre ou contre l’humanité obtiennent justice et que les crimes qui choquent la conscience humaine ne s’accompagnent "plus jamais" d’impunité. 

Un principe fondamental du Statut de Rome est que toutes les personnes faisant l'objet de mandats d'arrêt de la CPI doivent être arrêtées et remises à la Cour sans possibilité d'immunité lorsqu'elles se trouvent sous la juridiction des États membres de la CPI, y compris sur leur territoire. 

Toutefois, la Cour ne dispose d'aucun moyen coercitif pour procéder à une arrestation et ne dispose pas de force de police, et ne peut que potentiellement sanctionner un État membre non coopératif.  

En savoir plus : Six choses à savoir sur la Cour pénale internationale

Un criminel de guerre présumé accueilli les bras ouverts en Europe

En tant qu’État membre de la Cour pénale internationale (CPI), la Hongrie devrait être dans l'obligation d’arrêter le Premier ministre israélien et de le remettre à la Cour. Le pays est effectivement signataire du Statut de Rome, le traité international à l’origine de la CPI, qu’il a signé en 1999 puis ratifié deux ans plus tard, pendant le premier mandat de Viktor Orbán.  

Cependant, les autorités hongroises n’ont jamais promulgué la convention associée au Statut de Rome, pour des raisons de conformité avec sa Constitution. De ce fait, elles estiment qu’elles ne sont donc pas tenues de se conformer aux décisions émises par la CPI à l’égard des dirigeants israéliens, que Viktor Orbán avait par ailleurs critiquées.  

La visite annoncée de Benjamin Netanyahou est en fait une manœuvre cynique visant à saper la CPI et son travail, ainsi qu’une insulte aux victimes de ces crimes qui se tournent vers la Cour pour obtenir justice. L’invitation de la Hongrie témoigne d’un mépris pour le droit international et confirme que des criminels de guerre présumés recherchés par la CPI sont les bienvenus dans les rues d’un État membre de l’Union européenne.

Erika Guevara-Rosas, responsable de la recherche mondiale, de la défense et des politiques d'Amnesty International

Viktor Orbán, fidèle allié d’Israël

L’invitation par Viktor Orban du Premier ministre israélien envoie un message clair : la Hongrie sera le soutien indéfectible d’Israël au sein de l’Union européenne.  

Depuis les attaques du 7 octobre, les relations entre la Hongrie et Israël se sont particulièrement intensifiées. Le gouvernement hongrois a exprimé son soutien à Israël à plusieurs reprises et régulièrement fait obstruction à toutes prises de positions diplomatiques de l’Union européenne.  

Lors de l’émission du mandat d’arrêt par la CPI à l’encontre de Benjamin Netanyahou, le Premier ministre Viktor Orbán a déclaré qu'il ne le mettrait pas en œuvre, le qualifiant de "honteux et cynique" et accusant la décision de la CPI d'avoir été émise "à des fins politiques". 

L’état de droit international sapé par les puissances occidentales 

Plusieurs autres États membres de la CPI ont déclaré ou sous-entendu qu'ils n'arrêteront pas Benjamin Netanyahou s'il se rendait dans leurs pays respectifs. C’est notamment le cas de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, de la Pologne mais aussi de la Hongrie.  

A cela, s’ajoutent les sanctions imposées par le Président américain Donald Trump à l’encontre de la CPI, qu’il accuse d’avoir engagé “des actions illégales et sans fondement” contre les États-Unis et Israël. La Cour avait lancé des enquêtes sur des crimes de guerre présumés de soldats américains en Afghanistan et de militaires israéliens dans la bande de Gaza. 

La CPI fait désormais face à un rejet mondial de la part des dirigeants puissants qui cherchent à saper la règle de droit internationale et à éliminer la possibilité de responsabilité pour les plus puissants. [...] La visite de Benjamin Netanyahou en Hongrie ne doit pas devenir un indicateur de tendance de l’avenir des droits humains en Europe.

Erika Guevara-Rosas, responsable de la recherche mondiale, de la défense et des politiques d'Amnesty International

Nos demandes : 

Si la visite du Premier ministre israélien au sein d’un pays membre de l’Union européenne n’aboutit pas à son arrestation, cela envoie un très mauvais signal et encourage Israël à continuer de commettre des crimes contre les Palestinien·ne·s dans le territoire palestinien occupé. Les dirigeants accusés par la CPI de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité ne doivent plus bénéficier de l'impunité perpétuelle. C’est pourquoi nous appelons :  

La Hongrie : à arrêter Benjamin Netanyahu lors de sa visite officielle. 

Les dirigeants européens et mondiaux : à mettre fin à leur silence honteux et à leur inaction.

Le procureur de la CPI : à enquêter et à poursuivre tous les crimes d'Israël. La Hongrie devrait également le faire en appliquant les principes de la juridiction universelle.

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